Donald Trump avait-il raison sur Haïti ?
On y a tous pensé au moins une fois, et moi-même j'ai toujours trouvé cette question paradoxale. Si une horloge
cassée donne l’heure deux fois par jour, alors peut-être bien que le cher Donald peut avoir ses 5
minutes de raison de temps en temps.
Le 12 janvier
2018, restera une date tristement célèbre dans la mémoire des haïtiens. Non
seulement, on commémorait les 8 ans de ce jour funeste où tout a basculé en 35
secondes, mais aussi parce que Donald a jugé bon de choisir ce jour pour
traiter de ''pays de merde'' un peuple en deuil. Cela a suscité l’indignation de bon nombre
d’entre nous, et comme maintes fois auparavant, nous avons vu une vague de
patriotisme et d’indignation déferler sur les réseaux sociaux et à travers les
medias traditionnels. Cela a choqué
plus d’un à l’échelle internationale, du journaliste que certains traitent ''à tort ou à raison'' de journaliste de bas étage
toujours à la recherche d’un buzz à se mettre sous la dent, au grand dignitaire
qui fait comme s’il en avait quelque chose à foutre d’un pays du tiers monde
dont il ne peut même pas épeler le nom correctement. Cependant, la réalité est que Donald n’a fait que
dire tout haut ce tout le monde occidental
pensait tout bas. Bien sur nous avons vu beaucoup de pays soit disant
amis d’Haïti monter au créneau et condamner ses propos, alors que ces derniers
ne sont que l’expression du racisme et de la xénophobie latente qui s’est
encrée au plus profond de la culture occidentale. Nous avons vu les
différentes déclarations des différentes ONG, qui se sont enrichies grâce à
cette pauvreté et cette instabilité qui a fait la célébrité d’Haïti à travers
le monde.
Pourtant leurs hypocrisies sur ce point n’est
pas ce qui m’a choqué le plus, mais bien le manque de jugement de la plupart
des haïtiens par rapport à la situation de pays car que l’on veuille ou non
l’entendre, ces insultes étaient fondées. C’est toujours notre indifférence
légendaire qui fait qu’on n’a pas pu voir cette triste vérité pourtant bien
évidente, ou plutôt qu’on ne veut pas l’accepter. Combien d’entre nous, surtout
ces temps-ci où les gangs armées font fureur dans chaque recoin du pays, on dit
que : « peyi sa a, se yon peyi kk, se kite pou m kite l » ?
J’ai entendu cette phrase des milliers de fois et je l’ai moi-même quelque fois
répété. Vous allez l’entendre dans la bouche de ces jeunes livrés à eux-mêmes,
qui se sentent prisonniers dans leur propre pays. Vous allez aussi l’entendre
dans la bouche de ces adultes qui ont perdu espoir et qui veulent à tout prix un
échappatoire. Vous allez l’entendre dans la bouche de cet intellectuel ignoré
au profit de la médiocrité et de l’incompétence. « Pays de merde », cette
expression désigne autant la xenophobie systémique dont est imprégnée le monde
occidentale, que le déni dont fait preuve la plupart des haïtiens face à la
situation qui est bien plus qu’alarmante.
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Des présidents qui disent ne pas suivre la constitution mais le peuple, alors qu’ils sont plus impopulaires que jamais de part leur gestion aussi calamiteuse que douteuse des affaires publiques. Une systématisation à grande échelle de la corruption qui touche toutes les couches de la société sans aucune gêne. Un peuple livré a lui-même devant composer avec la racaille pour assurer sa « sécurité ». Une police nationale qui réclame sécurité et la justice qui réclame justice. Nous en sommes là aujourd’hui, et que personne ne vienne me dire que ce n’est pas de la merde! Nous sommes entrain de nous noyer dans nos propres défections en attendant désespérément un sauveur, ou mieux, un miracle. On dirait qu'on a pas de répit, entre les instabilités politiques et insécurité ( kidnapping, viol, guerre des gangs et assassinats), on se demande si on verra un jour le bout du tunnel. Entre des politiciens qui font passer leurs jeux de pouvoir pour des combats et un peuple qui a perdu tout envie de changement et qui s'est résigné à vivre seulement pour raconter un passé glorieux, que nous réserve donc l’avenir ?
Haïti est
devenu un espace géographique, qui vit selon les règles les plus simplistes de
la jungle, ou règne l’impunité, l’inégalité, l’insouciance et surtout
l’indifférence. On ne sait plus quoi dire, même quoi penser, face à cette
situation qui dure depuis bien trop longtemps et nous mets face à notre impuissance. On se
contente de suivre et d’accepter cette situation merdique sans chercher la
moindre alternative, alors tout cela me pousse à me demander :
Et si Donald avait raison ?
Joseph Yevgueny O.
Étudiant en Relations internationales Université Quisqueya
Email : joyito33@gmail.comTel :+50944909787 +50938955860
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