Transition sous pression : quand l’ingérence remplace la souveraineté
Transition sous pression : quand l’ingérence remplace la souveraineté Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, Haïti vit dans une transition politique forcée, prolongée et profondément instable. Cette transition n’est pas le fruit d’un choix populaire, mais la conséquence d’un choc politique majeur, d’un crime d’État non élucidé et d’un effondrement institutionnel que la communauté internationale observe, commente, mais contribue aussi à prolonger. Dans ce contexte exceptionnel, la déclaration de l’Ambassade des États-Unis ne peut être interprétée comme un simple rappel à la stabilité. Elle s’inscrit dans une logique de contrôle politique. En affirmant que toute modification de la composition du gouvernement par le Conseil présidentiel de transition serait « nulle et non avenue », une puissance étrangère s’érige en autorité supérieure à des institutions haïtiennes déjà fragilisées. Haïti est en transition, oui. Mais une transition n’est pas ...