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Affichage des messages portant l'étiquette SOCIÉTÉ

Quand l’agressivité est likée, le respect est-il encore une valeur ?

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  Quand l’agressivité est likée, le respect est-il encore une valeur ? En Haïti, le respect entre les femmes et les hommes ne devrait être ni un slogan ni une option morale : il devrait être une base essentielle sur laquelle se construisent nos relations, nos familles et plus largement notre société. Les mouvements féministes rappellent, à juste titre, que les femmes doivent être traitées avec dignité, sans violence ni humiliation. Sur ce principe, il ne devrait y avoir aucune ambiguïté. Pourtant, ce que l’on observe ces derniers temps sur les réseaux sociaux haïtiens est profondément préoccupant. Une vidéo récemment devenue virale montre un homme s’adressant de manière agressive et humiliante à une femme. Au lieu d’être largement condamnée, des milliers de réactions, de commentaires et de partages ont contribué à glorifier cette attitude. Plus troublant encore, de nombreuses femmes ont exprimé leur admiration pour cet homme, allant jusqu’à déclarer qu’elles aimeraien...

Partir ou se taire : ma part de lâcheté

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  Partir ou se taire : ma part de lâcheté Je fais partie de cette génération qui a quitté le pays. Comme beaucoup de jeunes, j’ai choisi le départ plutôt que l’affrontement, la survie individuelle plutôt que le combat collectif. Et aujourd’hui, je dois le reconnaître : ce choix, aussi compréhensible, soit-il, porte en lui une part de lâcheté. Nous invoquons l’insécurité, l’absence d’avenir, l’effondrement de l’État. Tous ces arguments sont réels. Mais ils ne suffisent pas à nous absoudre totalement. Car pendant que nous partions, le pays était pillé, ses institutions vidées de leur sens, et sa jeunesse réduite à l’exil ou au silence. Et nous avons, par notre départ, laissé faire. Partir n’est pas un crime. Mais partir sans jamais regarder en face ce que l’on abandonne, sans jamais interroger notre responsabilité morale, en est un autre. En quittant le pays, nous avons aussi quitté l’arène. Nous avons cessé de déranger, de résister, de peser. Nous avons laissé le champ libre avec ce...

« L’illusion de l’expertise en Haïti : quand visibilité et popularité remplacent la compétence »

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  « L’illusion de l’expertise en Haïti : quand visibilité et popularité remplacent la compétence » S’il est vrai que le citoyen doit s’impliquer dans les affaires de la cité, il convient d’appréhender le concept de « citoyen   » dans toute sa complexité. À mon sens, il n’est pas uniquement un consommateur : il est un producteur d’idées, un observateur attentif, un individu qui questionne, apprend et tente de comprendre. Il peut aussi être un dissident tout en proposant, c’est-à-dire qui assume une posture critique mais constructive. Surtout, le citoyen est celui qui développe un sentiment d’appartenance à sa communauté. L’histoire constitutionnelle haïtienne, à travers la «  compilation des deux siècles de constitutions haïtiennes 1801-2011 [1]  », illustre bien l’évolution de cette notion. La Constitution impériale de 1805,  en ses articles 9 et 11, associait au statut de citoyen l’obligation d’être un bon soldat, un bon père de famille et de maîtris...