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L’insécurité nous prive d’un professeur chevronné

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  L’insécurité nous prive d’un professeur chevronné Le professeur James Boyard demeure l’un des enseignants les plus éminents de la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE). Malheureusement, il y a plus d’une semaine, il a été enlevé dans l’un des rares quartiers de Port-au-Prince réputés relativement sûrs. Ses ravisseurs retiennent également son fils en captivité. James Boyard est un professeur de renom, auteur de plusieurs ouvrages, dont Le procès de l’insécurité . Il occupe également des fonctions importantes au sein de l’appareil sécuritaire de l’État, notamment en tant qu’inspecteur de police et chef de cabinet du ministre de la Défense, Mario Andrésol. Face à cette situation alarmante, nous exigeons la libération immédiate et sans condition du professeur Boyard ainsi que de son fils. Par ailleurs, ce drame met une fois de plus en lumière le climat d’insécurité généralisée qui plane sur Port-au-Prince, capitale politique du pays. Nul n’est épargné : professeur...

Transition sous pression : quand l’ingérence remplace la souveraineté

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Transition sous pression : quand l’ingérence remplace la souveraineté        Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse, Haïti vit dans une transition politique forcée, prolongée et profondément instable. Cette transition n’est pas le fruit d’un choix populaire, mais la conséquence d’un choc politique majeur, d’un crime d’État non élucidé et d’un effondrement institutionnel que la communauté internationale observe, commente, mais contribue aussi à prolonger.  Dans ce contexte exceptionnel, la déclaration de l’Ambassade des États-Unis ne peut être interprétée comme un simple rappel à la stabilité. Elle s’inscrit dans une logique de contrôle politique. En affirmant que toute modification de la composition du gouvernement par le Conseil présidentiel de transition serait « nulle et non avenue », une puissance étrangère s’érige en autorité supérieure à des institutions haïtiennes déjà fragilisées.  Haïti est en transition, oui. Mais une transition n’est pas ...

Présomption d’innocence, sanctions internationales et exigence morale en politique haïtienne

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  Présomption d’innocence, sanctions internationales et exigence morale en politique haïtienne      Il y a près d’un mois, j’ai publié un article portant sur les sanctions internationales, dans lequel j’ai pris position de manière claire : un ancien élu ou un futur candidat faisant l’objet de sanctions internationales ne saurait, selon moi, être digne de diriger le pays ni de se présenter aux élections .      Cette semaine, une juriste a publié un article traitant de la présomption d’innocence, en mettant en lumière une approche tridimensionnelle de cette notion fondamentale. À la suite de cette publication, plusieurs lecteurs bienveillants m’ont interpellé à travers une question aussi légitime que délicate :  les anciens ou futurs élus sous le coup de sanctions internationales ne bénéficient-ils pas, eux aussi, de la présomption d’innocence ?      Cette interrogation épineuse mérite une analyse approfondie. Je tiens d’emblée ...

Partir ou se taire : ma part de lâcheté

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  Partir ou se taire : ma part de lâcheté Je fais partie de cette génération qui a quitté le pays. Comme beaucoup de jeunes, j’ai choisi le départ plutôt que l’affrontement, la survie individuelle plutôt que le combat collectif. Et aujourd’hui, je dois le reconnaître : ce choix, aussi compréhensible, soit-il, porte en lui une part de lâcheté. Nous invoquons l’insécurité, l’absence d’avenir, l’effondrement de l’État. Tous ces arguments sont réels. Mais ils ne suffisent pas à nous absoudre totalement. Car pendant que nous partions, le pays était pillé, ses institutions vidées de leur sens, et sa jeunesse réduite à l’exil ou au silence. Et nous avons, par notre départ, laissé faire. Partir n’est pas un crime. Mais partir sans jamais regarder en face ce que l’on abandonne, sans jamais interroger notre responsabilité morale, en est un autre. En quittant le pays, nous avons aussi quitté l’arène. Nous avons cessé de déranger, de résister, de peser. Nous avons laissé le champ libre avec ce...

Haïti : quand la violence cesse d’être un choc pour devenir un système

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  Haïti : quand la violence cesse d’être un choc pour devenir un système En Haïti, la violence ne surprend plus. Elle ne provoque plus l’indignation collective qu’elle méritait autrefois. Elle s’est installée, progressivement, silencieusement, jusqu’à devenir un élément presque ordinaire du paysage national. Ce glissement est l’un des drames les plus profonds que traverse le pays : la violence n’est plus seulement subie, elle est intégrée. Chaque jour, enlèvements, affrontements armés, déplacements forcés et exécutions sommaires s’ajoutent à l’actualité comme de simples faits divers. Cette répétition a un effet corrosif : elle banalise l’inacceptable. Lorsque la peur devient routinière, la société entre dans une forme de résignation dangereuse, où survivre remplace l’idée même de vivre ensemble. Cette intégration de la violence est d’abord le symptôme d’un État en retrait. Là où l’autorité publique s’efface, d’autres forces s’imposent. Les groupes armés ne contrôlent pas seulement ...

Justice, pouvoir et corruption : les racines d’une crise institutionnelle en Haïti

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Justice, pouvoir et corruption : les racines d’une crise institutionnelle en Haïti « Le pouvoir doit arrêter le pouvoir », affirmait Montesquieu , posant ainsi l’un des principes fondateurs de la science politique moderne. La séparation des pouvoirs est censée garantir aux citoyens une vie paisible et harmonieuse au sein de la société. En Haïti, cependant, la fragilité des institutions et la faiblesse des mécanismes de contrôle favorisent la corruption, qui mine à la fois la légitimité de l’État et la confiance du peuple. Si les élus ont le devoir de mettre en œuvre des politiques publiques bénéfiques sur les plans politique, économique et social, certains en profitent pour commettre des actes de corruption, fragilisant davantage la gouvernance. Parmi les acteurs concernés, la Police nationale d’Haïti (PNH) occupe une place singulière : membre du pouvoir exécutif et auxiliaire de la justice, elle est un corps hybride, au carrefour de la sécurité publique et de l’application de la loi. ...