Silence de sang : entre loyauté familiale et démission collective
Silence de sang : entre loyauté familiale et démission collective Dans les méandres de la crise sécuritaire haïtienne, la montée des gangs ne relève plus uniquement d’une problématique criminelle, mais d’un enchevêtrement d’attachements, de silences consentis et de contradictions humaines profondes. Derrière chaque homme armé, chaque territoire contrôlé, chaque zone déclarée rouge, se tisse une toile plus vaste, dans laquelle la famille, le voisinage et l’impuissance sociale occupent un rôle central. Ce que l’on tait, parfois, c’est que l’un des obstacles majeurs à la dénonciation des groupes armés réside dans la proximité. Très souvent, celui qui tient l’arme est un cousin, un frère, un fils d’un voisin, un ancien camarade d’école. Ce lien humain et intime rend difficile l’acte de parler, de pointer du doigt, de s’ériger contre le danger. Par loyauté, par peur, ou parfois par nécessité économique, car les gangs, aussi, nourrissent certaines familles, le silence devient refug...