Groenland , enjeux stratégiques ou velléité d'annexion ?

Groenland , enjeux stratégiques ou velléité d'annexion ?

 Ces derniers jours, le Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) traverse une période de turbulences marquée par des tensions entre certains partenaires de l’Alliance. D’un côté, les États-Unis, et de l’autre, les Danois, héritiers du monde viking. Au cœur de ce différend, se trouve une immense île, située à proximité immédiate de l’Amérique du Nord et de la région arctique : le Groenland. Placé sous l’administration du Royaume du Danemark, ce territoire revêt une importance stratégique, majeure sur les plans militaire, géopolitique et économique.

 L’histoire des États-Unis est profondément marquée par l’achat de territoires. Parmi les acquisitions les plus emblématiques figurent l’achat de la Louisiane à Napoléon Bonaparte en 1803, celui de la Floride à l’Espagne en 1819, l’acquisition de l’Alaska auprès de l’Empire russe en 1867, ainsi que, plus récemment, l’achat des îles Vierges américaines au Danemark en 1917. Cependant, le Groenland s’inscrit dans un cadre tout à fait particulier. L’île est placée sous administration danoise, or le Danemark constitue l’un des alliés de premier plan des États-Unis, tant en Europe qu’au sein de l’OTAN.

 L’administration américaine avait d’ailleurs déjà manifesté son intérêt pour l’achat du Groenland en 2019, lors du premier mandat de Donald Trump, une proposition que le Royaume du Danemark a catégoriquement rejetée. L’intérêt stratégique des États-Unis pour le Groenland peut d’abord s’expliquer sur le plan économique. Le réchauffement climatique et la fonte accélérée des glaces rendent progressivement accessibles d’importantes réserves de métaux rares, indispensables à l’industrie militaire, aux technologies de pointe et à la fabrication des semi-conducteurs. Or, la Chine, principal concurrent stratégique de Washington, détient actuellement une position quasi-monopolistique dans l’exploitation et la transformation de ces métaux critiques. 

Ensuite, sur le plan géostratégique, le Groenland offre un accès direct à l’Arctique, une région de plus en plus convoitée et disputée par les grandes puissances. La Fédération de Russie et la République populaire de Chine y disposent déjà d’une longueur d’avance sur les États-Unis. La Russie, en particulier, possède une flotte importante de brise-glace, lui permettant d’emprunter et de sécuriser les routes maritimes arctiques, devenues essentielles pour le commerce mondial et la projection de puissance.

 Face aux incertitudes croissantes de la scène internationale, les Européens, et en particulier les Danois, devront se résoudre à l’idée qu’un accord avec les États-Unis est non seulement souhaitable, mais nécessaire. Les États-Unis demeurent un acteur central et incontournable de la défense européenne, tant sur le plan militaire que stratégique. En l’absence d’une véritable autonomie stratégique, l’Europe reste un acteur géopolitique de second rang face aux autres pôles de puissance mondiaux. D’où l’impératif d’une solution pragmatique, fondée sur le réalisme stratégique et la préservation des intérêts communs au sein de l’Alliance atlantique. 

Auteur : Wilfrid JOSEPH

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