Recrutement à la PNH : Gaëlle, vous avez tort de qualifier ces candidats de chômeurs.

 

Recrutement à la PNH : Ga'ELLE Post, vous avez tort de qualifier ces candidats de chômeurs.


Cette semaine, une annonce faite par la Police nationale d’Haïti (PNH) a particulièrement retenu mon attention. Le service de communication de l’institution a informé le public que plus de 14 000 personnes se sont inscrites afin de passer les épreuves physiques, académiques et psychologiques dans l’espoir d’intégrer les rangs de la PNH.En réaction à cette information, une créatrice de contenu connue sous le nom de Ga'ELLE Post a affirmé que cette situation signifiait tout simplement que plus de 17 700  chômeurs souhaitent intégrer la police.

Cette affirmation, qu’elle soit fondée ou non, me paraît déplacée dans le contexte actuel que traverse le pays. En effet, il convient de rappeler que l’État, afin d’assurer ses fonctions régaliennes, s’appuie sur des institutions fondamentales telles que la Police nationale d’Haïti. C’est notamment à travers cette institution que l’État exerce ce que le sociologue Max Weber appelait le monopole de la violence légitime, indispensable au maintien de l’ordre public et à la protection des citoyens.

Par ailleurs, il faut reconnaître qu’aujourd’hui le nombre de policiers par habitant en Haïti est extrêmement faible. L’ambassadeur des États-Unis lui-même a récemment tenu un discours préoccupant devant le Congrès américain, soulignant que le pays dispose de moins de 6 000 policiers opérationnels. Et chacun sait que parmi ces effectifs, plusieurs agents sont en détachement pour des missions de sécurité spécifiques. Cette situation constitue un défi majeur pour un pays confronté à une insécurité croissante.

À cela s’ajoute une autre réalité inquiétante : les groupes armés et les gangs recrutent activement des jeunes, leur offrant armes, munitions et argent afin de renforcer leurs rangs et de terroriser la population. Les conséquences de cette violence sont dramatiques. Des millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, devenant des déplacés internes ou cherchant refuge à l’étranger.

Dans ce contexte, la véritable question n’est pas de voir 17 700 chômeurs, mais plutôt de reconnaître 14 000 jeunes qui manifestent la volonté de servir leur pays.

  • Il faut voir 17 700 jeunes prêts à embrasser une profession exigeante, souvent mal rémunérée, mais essentielle au fonctionnement de l’État.
  • Il faut voir 17 700 citoyens qui auraient pu choisir de quitter le pays ou de céder à la tentation des groupes armés, mais qui préfèrent emprunter la voie du service public.
  • Il faut voir 17 700 hommes et femmes disposés à risquer leur vie afin que les citoyens puissent circuler librement et vivre en sécurité.
  • Il faut voir 17 700 candidats prêts à s’éloigner de leur famille et de leurs proches pendant de longs mois de formation, dans des conditions souvent difficiles.
  • Il faut voir enfin 17 700 jeunes déterminés à contribuer à la reconstruction de leur pays, malgré les défis institutionnels et les insuffisances salariales qui persistent.

En définitive, il serait injuste et réducteur de résumer cet engagement à une simple question de chômage. Derrière ces chiffres se trouvent des vocations, des espoirs et un profond sentiment de responsabilité envers la nation.C’est pourquoi, plutôt que de réduire cette initiative à une statistique économique, nous devrions reconnaître et saluer le courage et le dévouement de ces jeunes qui acceptent de porter l’uniforme pour garantir notre sécurité collective.

Eduardo MASSENA

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