Malia, L’enfant catholique pervers

 


Malia, L’enfant catholique pervers

Toc toc toc, on frappait à la porte et j’entendis en même temps quelqu’un crier à travers les murs de ma chambre. C’était ma belle-mère. Elle prenait le soin de toujours me réveiller avec la même brutalité tous les petits matins. Je m’étais finalement habituée avec ses manières. Certaines fois j’étais même déjà réveillée, attendant patiemment qu’elle vienne frapper aussi fort qu’elle le pouvait. Mais ce matin-là, j’avais du mal à sortir de mon lit. Je pensais à ma vie, à celle que j’aurais aimé avoir, à comment je pourrais peut-être la changer.

 Si ma vie était un conte de fée, je n’aimerais pas être Blanche Neige, non plus Cendrillon, encore moins Bella, mais je serais une princesse digne de mon époque, celle qui marquerait son temps. Alors mon âme sœur ne serait ni un demi-dieu, ni un roi, non plus un ténébreux mais il serait humain tout comme moi et c’est ce qui ferait de lui un prince, mon prince.

Ma mère disait toujours : « si tu veux vraiment marquer ton temps, n’agis pas comme tous les autres et ne fais pas ce que font les autres, fais ce que ton cœur te dicte et surtout, sois authentique. Alors ta réputation te précèdera et tu seras un modèle pour les autres. »

En réalité, je n’ai pas connu ma mère. J’ai lu cette phrase dans son journal intime que mon père m’a transmis. C’est tout ce qui me reste d’elle et chaque jour qui passe, à travers ses lignes, j’apprends à mieux la connaitre. Je l’imagine tout près de moi, me réchauffant quand il fait froid, me rassurant quand la peur me guette et me racontant des tonnes de jolies histoires avant d’aller me coucher. J’imagine tout cela tous les jours et je ne m’en lasse jamais. Ça m’aide à me sentir proche d’elle. J’étais beaucoup trop jeune quand elle est partie pour me rappeler de quoique ce soit mais les images que j’ai eues d’elle m’ont permis de voir son sourire, la joie qui s’y dégageait et sa beauté immense. Quand je la regarde, je vois tout l’amour qui se dégageait en elle. C’était une femme fabuleuse et c’est mon idole.

Mon père évite toujours d’en parler mais je guète la moindre information, je profite de la moindre occasion que j’ai d’en apprendre un peu plus sur elle. Je sais qu’elle veille sur moi làhaut, dans le ciel. Je sais qu’elle me protège et c’est tout ce qui compte.

 Mon nom est Malia et je vais vous raconter mon histoire.

On entamait le troisième jour de la semaine et j’étais déjà trop fatiguée pour aller à l’école. Ma belle-mère faisait sa deuxième ronde de frappage de porte quand j’ai bel et bien failli me rendormir. Cette fois-ci, il fallait vraiment sortir du lit, sinon ce serait le retard assuré à l’école. Et j’en avais déjà eu deux autres. Un troisième et l’un de mes parents serait convoqué afin d’expliquer les motifs de ces retards. Le problème c’est que mon père est toujours au boulot alors je ne pense pas que ma belle-mère Sophia serait ravie de me représenter.

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Vite fait, bien fait, je sors du lit, je me brosse les dents, passe cinq minutes sous la douche, prends un jeans, un t-shirt bleu et un pull rose, je fais glisser tous mes cahiers dans mon sac sans trop vérifier, je prends mes baskets et je file prendre le petit-déjeuner.

 Sophia : Tu ne t’es ni coiffée ni parfumée ce matin Malia. C’est dans la voiture que tu comptais finir tes soins corporels ? Tu veux vraiment salir cette jolie robe blanche qui embellit le corps sublime qui est le mien avec tes sales cheveux. Vas finir tout ça dans ta chambre ! Et tu as 60 secondes !!!

Sans même prendre le temps de lui répondre, je fais demi-tour, monte dans ma chambre, attache mes cheveux avec un élastique et prends mon parfum. Le hic c’est que tout ne s’est pas vraiment passé comme je le voulais, ni aussi rapidement que je l’espérais. J’entendais de loin la voix de Sophia qui comptait encore. Elle était déjà à 30 secondes et dans ma course contre la montre, je n’ai pas fait attention à la bouteille. La dernière fois que je m’en étais servie, je n’avais pas pris le soin de bien la refermer. Alors en la prenant par le couvercle, elle glissa entre mes mains et s’en échappa. Tentant de la récupérer, tout le contenu s’est dispersé dans les airs quand la bouteille s’est frappée contre le sol. Un véritable cauchemar ! J’ai eu du parfum un peu partout sur le corps. Plus besoin de se parfumer, je sentais déjà trop bon ! Machinalement, je me suis mise à me frotter les yeux quand ceux-ci commençaient à me piquer à cause du parfum. C’est alors que j’entendis les pas de ma belle-mère dans les escaliers, furieuse que je ne sois pas redescendue avant qu’elle ait fini de compter. Je m’empresse alors de sortir, omettant ainsi de ramasser la bouteille. Voyant que j’étais déjà à la porte de ma chambre, elle fit demi-tour et redescendit en prenant la direction de la porte de sortie sans mot dire. Je la suivis donc et c’est ainsi que ce jour-là, je suis allée à l’école sans petit-déjeuner.

Dans la voiture, Sophia ne mâchait pas ses mots quant à ses reproches.

 Sophia : je t’avais dit de te parfumer, pas de te verser toute la bouteille dessus. Puis c’est quoi  cette odeur de sucrerie ? C’est largement suffisant pour attirer l’attention d’une colonie d’abeille…Tu m’exaspères. Aujourd’hui est la dernière fois que tu porteras ce truc tu m’entends.

 Malia : Oui Sophia.

Sophia : C’est Madame De Lagredelle. Je suis la femme de ton père quand même.

Malia : Oui Madame De Lagredelle.

Ensuite, c’était le calme plat durant tout le trajet mais dans ma tête, ça bouillonnait de partout. Je pensais surtout à maman. Père disait qu’elle adorait l’arôme de ce parfum et qu’elle le portait tout le temps.

Arrivée à l’école, je descendis de la voiture, salua Madame De Lagredelle et m’empressa de traverser la grande barrière de l’école. Il était 7 heures 00 et on sonnait déjà le troisième coup de cloche pour la montée du drapeau. Une fois les élèves en rang, on fermait la barrière ne laissant plus personne entrer jusqu’à 8 heures. Je me mélange à la foule en rejoignant la rangée de ma salle.

 Christie : Une seconde de plus et t’étais en retard. Mais comment ça se fait que tu sentes si bon ?

Elle, c’est mon amie depuis le préscolaire et maintenant on est en troisième. On se chamaille tout le temps mais c’est la meilleure. Vous allez voir.

Malia : Je n’ai pas déjeuné ce matin alors s’il-te-plait ne commence pas.

Christie : Je commence vraiment à être jalouse de ta relation avec la nourriture… et je suppose que tu t’es encore disputée avec ta belle-mère Sophia.

Malia : Ce matin elle m’a bien fait comprendre que c’était Madame De Lagredelle.

Christie : Madame De Lagratelle tu veux dire.

Et toutes les deux, on se mit à rire. Mais un peu plus loin, Madame Damour nous observait sans que l’on s’en rende compte. Elle attendit donc la fin de la montée du drapeau pour nous coller une bonne punition.

Madame Damour : « A votre âge, on doit encore vous apprendre à respecter le drapeau. Venez donc par ici. Vous là et vous autres là-bas, venez donc ! »

Christie et moi n’étions pas les seules à être punies. Il y avait également d’autres filles. Certaines parjuraient qu’elles ne papotaient pas alors que d’autres comme nous se turent et attendirent notre sentence. Madame Damour regarda alors dans notre direction en disant : « au moins celles-là ont une conscience ».

Elle poursuivit en donnant des ordres bien spécifiques : « Vous allez passer la journée dans cette cuisine. Fours, ustensiles, tables, chaises, fenêtres et même le sol, tout ce qui se trouve ici doivent être propres à mon retour. Quand vous aurez finies, je veux que cette cuisine soit nickel. Je vérifierai moi-même chaque détail et si je ne suis pas satisfaite, vous perdrez deux points à votre note disciplinaire. »

Le message était clair. La note disciplinaire est la clé dans cette école. Même avec une moyenne générale de 9, si t’as moins 5 en discipline, tu es exclue de l’école.

Alors Madame Damour ferma la porte en sortant et toutes les six, on regarda le désordre qui régnait autour de nous en se demandant comment on allait faire pour satisfaire les désirs de Madame tout en espérant rester en vie, après tant de travaux.

A suivre…


Nou rekòmande w atik sa a:5 medam ki pi bèl nan HMI la

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